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Des choses qui collent à la tête

La fabrique de l’influence

L’influence, l’influence sur le web, concept largement débattu par de nombreux blogueurs.

Sans revenir sur le débat, l’influence des blogueurs se vend comme un service, proposé par de nombreuses agences : Influence, AdRider, BlogRider, Buzzparadise, YoutoYou, etc.

Ces agences tissent des liens contractuels avec des blogueurs (généralement dans un contrat proche d’un contrat de mise en régie), pour autant que ceux-ci disposent d’une audience relative importante et une thématique “grand public” - le classement “top des blogs” de Wikio donne une idée assez précise de ce que sont les intérêts des internautes (hélas), et illustre donc les thématiques les plus porteuses : High Tech, Gadget, Mode, Buzz, etc.

Vendre de l’influence, c’est vendre du temps passé.

Je ne connais qu’Heaven/Influence à titre personnel, ayant été en régie chez eux dans une vie passée avec un blog chiant et défunt depuis. Je me souviens en revanche assez bien de nos rencontres, et de l’intérêt qu’ils essayaient d’avoir à comprendre les problématiques traitées et à essayer de valoriser les blogs de leur “pool”. (Dans mon cas, sans succès, mais le contenu du blog était commercialement non “porteur”).

Cela supposait de leur part un investissement en “temps” relativement important, et complètement à l’opposé de ce que proposent les “blogrégies au formulaire”, comme Buzzparadise, dans lesquelles les blogueurs qui se croient influent sont invités à proposer eux-même leurs sites. Mais c’était en 2004/2005 dans mon cas, et la blogosphère était plus réduite qu’elle ne l’est aujourd’hui.

Ces réseaux - personnalisés, à l’ancienne comme Influence, ou plus automatisés à la BlogRider - reposent toujours sur la capacité de l’agence, de ses employés, à avoir une relation avec le pool : leur envoyer des mails, les mobiliser, les relancer, etc. “Community Managers”, on les appelle. Leur temps passé justifie (parfois) les coûts des opérations facturées aux clients, qui pour une “opération de relations blogueurs”, qui pour un “blog-communiqué”, qui pour un “buzzkit” (!), etc.

Hington Klarsey, une autre stratégie

Hington Klarsey est un ovni dans le domaine du web : société sortie de nulle part, qui a commencé à faire parler d’elle - si ma mémoire et celle de Google sont bonnes - en envoyant un courrier à Jacques Froissant, lui indiquant avoir déposé la marque “Web Réputation” et lui demandant la création d’un hyperlien sur ce mot-clé, pour améliorer son classement Google.

Hington Klarsey se positionne comme un prestataire de service spécialisé sur la protection de la web réputation, d’analyse de risque, de contre-dénigrement et de “résolution de conflits“, aussi vagues que ces propositions puissent paraître. (La société semble aussi un peu active sur le marché de la publicité (?).

Hington Klarsey a constitué, elle aussi, un réseau de blogueurs et de sites, une sorte de régie lui permettant de répandre la bonne parole de ses clients sur un nombre important de sites, et par conséquent de démultiplier la portée de ses messages.

A la différence des agences évoquées plus haut, cependant, HK s’est construit un réseau autonome, propriétaire, de sites qui republient tous plus ou moins la même information. Il s’agit de “piles”, comme peut l’être celle que j’ai réalisé en 2005 sur la Grippe aviaire.

Les piles de Hington Klarsey republient du contenu de manière automatique en référençant des sites externes, d’une part, et se voient ajouter régulièrement des articles de “commande” d’autre part.

“Nous sommes, par exemple, particulièrement efficaces dans la mise en place de nébuleuses d’influence destinées à réduire les risques d’attaques contre les marques” - site HK

newsfeelgood.jpgCe réseau de piles et de sites connexes est assez bien visible sur Technorati (cf capture à gauche). Pour prendre les homepages d’hier (1er avril 2008) :

  • Actualités Politiques - traite d’Olivier Martinez dans un article très “neutre” sans mention des affaires actuelles
  • Communiquer Plus - 3 articles en home traitant de e-réputation et linkant vers le site Hington Klarsey ou Web-Reputation
  • Stratégie Influence - 2 articles en home traitant de e-réputation, un article très neutre sur Olivier Martinez
  • Communication d’actualités - 1 article en home sur l’e-réputation, un article sur les éditions Thélès
  • Veille sur le buzz - 1 article en home sur la web réputation
  • Crise de communication - 1 article sur la web réputation, un article sur Olivier Martinez (le même)
  • Awess - un article sur les éditions Thélès (le même)

Avec Palpitt, nous nous sommes interrogés sur Hington Klarsey.

Le cas “Thélès” nous a intéressé, puisqu’il s’agit d’un cas assez similaire au cas Froissant évoqué ci-dessus. Marc Autret a reçu une mise en demeure au sujet d’un de ses posts, des blogueurs en ont parlé, et du contenu “Thélès” a commencé à fleurir sur les blogs, comme ici… Hington Klarsey semblerait chargé d’intervenir par les éditions Thélès afin de réparer sa réputation… ce qui donne parfois lieu à des échanges hallucinants de trolleurs chez Irène Delse :)

Une stratégie comme une autre ?

velico_ripoff.jpgPas tout à fait. Il y a une différence entre faire la promotion d’un contenu “payé” sur le site de blogueurs - qui tiennent en général à la confiance de leurs lecteurs, donc annoncent qu’ils sont rémunérés - et noyer du contenu payé dans une masse de contenu automatique pour grimper dans les classements Google.

En particulier, la repompe de contenu de manière automatisée pour y adjoindre des AdSense de Google est inacceptable pour les pillés (Fluctuat, DarkPlanneur… et Autocollants, le blog que vous lisez, dont ce post sur Hington Klarsey a été purement et simplement repris, titre modifié et liens réécrits sur un blog du groupe HK (capture à gauche). Le lien vers Autocollants n’est évidemment pas actif.

 

* *

*

Tiens, un article assez neutre sur Olivier Martinez sur le site Buzzdunet, visiblement de la même eau que les autres… J’ai du mal à y croire quand je vois ça ou ça après avoir vu ça et ça. Mais je dois être parano, et il ne doit pas être utile d’aborder la question de la déontologie, ça ne sert à rien. Comme dirait l’autre,

“Il est temps que le web se dote d’une Loi claire pour protéger les notoriétés contre les campagnes de dénigrement et les propos à caractère diffamatoire” (source),

mais pour ce qui est de réglementer (voire, plus prosaïquement, d’auto-réguler) les pratiques des agences, ça attendra un peu.

Les “notoriétés” doivent , d’abord, être protégées des “webstorms”.

ps: sans vouloir être totalement exhaustif, on pourra aussi voir ce site, celui-ci, celui-là, celui-là… la liste est longue.

7 Comments, Comment or Ping

  1. N’oublions pas dans “la fabrique de l’influence” les PR online : sans acheter des blogueurs ou les mettre sous régie, leur proposer de l’info, des événements, des produits, des projets.

    En ce qui concerne HK je lis avec intérêt ce qui est publié mais je me demande si cet “ovni” mérite autant d’attention.

    Si la réponse est oui, une piste…
    http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Hington_klarsey&action=edit&redlink=1

  2. Quand une requête sur un nom de marque donne environ 90% d’infos “contrôlées” par une société sur Google, comme c’est le cas ici (http://www.google.fr/search?hl=fr&q=hington+klarsey&btnG=Recherche+Google&meta=), ça commence à être génant, non ?

  3. Geronimo

    La requête Google sur Higton Klarsey est en effet assez surprenante… on trouve une explication sur la stratégie de l’entreprise que tu racontes dans ton post, via un commentaire laissé sur Viadeo :

    “la mise en place de nébuleuses propriétaires et mercenaires permettant de limiter l’impact des bad buzz ;”

    c’est du propriétaire de higton karlsey !
    http://www.viadeo.com/hub/affichefil/?hubId=00222yhj8przkj2d&forumId=0022ag1kxx6kn5on&threadId=002buno7vor6ggh

  4. Bonjour à tous

    Je ne suis pas tout à fait d’accord quand tu dis “Vendre de l’influence, c’est vendre du temps passé”.

    Vendre de l’influence, c’est vendre de la respectabilité, de la compétence, de l’écoute, de la prégnance sur un audimat, mais cela s’écarte du concept marketing classique de “temps passé”, d’”écoute” ou encore de “part de voix”. D’où la pratique de l’évaluation de toute pratique d’influence, qui n’obéit pas aux mêmes lois et rendements classiques définis par les communicants qu’ils soient issus du web ou du print.

    Maintenant, j’aimerais assez avoir la démonstration de la capacité d’influence d’une agence telle que Hington Klarsey, qui m’a encore l’air de faire parler d’elle sans avancer aucune preuve de sa compétence…mais j’espère avoir tort :-)

    Bye

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