Avatar

Des choses qui collent à la tête

Altran, de l’utilisation de Facebook pour un usage publicitaire

altran-apllichallenge_1208339545240.pngVu chez Gaduman, un concours organisé par Altran, une sorte de SSII société spécialisée en conseil en innovation, qu’on peut décrire brièvement : le “Altran Appli’ Challenge“, qui utilise Facebook comme moteur/vecteur du concours :

  • on s’inscrit au groupe Facebook qui va avec le concours
  • on s’inscrit ensuite sur le site d’Altran
  • on crée une appli Facebook.

A la fin de la foire, on compte les bouses la fin du jeu, on compte le nombre d’applis les plus téléchargées pour élire le/les vainqueurs (on peut jouer en binôme) qui repartent avec des MacBook Air et autres baladeurs Apple.

Bien

  • la mécanique n’est pas stupide
  • on a l’obligation d’avoir, sur la page de l’appli, une bannière linkée vers le site d’Altran, ce qui va forcément booster le trafic et la connaissance de l’entreprise par les internautes
  • les participants vont évidemment lourdement solliciter leur réseau Facebook pour leur demander d’utiliser (d’installer à tout le moins) leur appli.

Pas bien

  • Le jeu est organisé par la DRH… qui recherche des nouveaux salariés, comme toutes les entreprises du domaine High Tech/SSII / Conseil. Du coup, la participation au jeu est réservée “aux étudiants ou diplômés d’une formation Bac+ 5, grandes écoles de commerce ou d’ingénieurs (post classe préparatoire) ; ou universitaire (post Licence) à dominante technologique ou banque, assurance, finance.” L’entonnoir est plutôt restreint, et l’entreprise se ferme donc accès à d’autres profils qui auraient pu aussi lui convenir, même si moins “premium”.
  • En termes d’image, on peut se demander si Altran a bien regardé les profils Facebook des administrateurs du Groupe. On trouve donc un membre du groupe des personnes plus grandes que Nicolas Sarkozy, un garçon qui invoque le diable, un autre qui emmerde les cheminots et leurs régimes spéciaux, un alcoolique casanier,… Cela renforce-t’il le côté potache-bon enfant du jeu ?
  • Plus généralement, d’un point de vue conceptuel, Altran s’expose sur son site comme un “idéateur“, c’est-à-dire un accoucheur d’idées “qui trouvent des mises en application concrètes“. Or, les critères utilisés pour choisir les gagnants sont, selon le règlement,
    • le caractère innovant de l’application développée, en termes d’utilité sociale pour les internautes inscrits sur le site de Facebook®
    • le nombre d’installations de l’application par les autres internautes du réseau social Facebook®.

Sans vouloir faire de procès d’intention à Altran, l’appréciation du “caractère innovant d’une appli en termes d’utilité sociale” risque d’être du grand n’importe quoi (est-ce que faire rire les utilisateurs peut être considéré comme d’”utilité sociale” ? Est-ce que venir sur Facebook est utile socialement ?); de même, aucun ratio d’évalutation entre ce premier critère par rapport au nombre d’installations, second critère de choix.

Le règlement aurait gagné à être beaucoup plus précis sur ce point, pour garantir une certaine impartialité. La FAQ du jeu sur le groupe Facebook illustre d’ailleurs bien que cet aspect des choses n’a pas été très réfléchi, puisqu’elle indique :

  • “8) Quel type d’application puis-je développer ?

Nous laissons libre cours à votre imagination dans la mesure où votre application ne porte pas atteinte à l’image du groupe et ne va pas à l’encontre de la législation en vigueur en France”.

D’utilité sociale, pas de mention. Et on voit une petite différence d’appréciation sur l’interprétation du règlement, toujours dans la FAQ :

  • “9) Qu’y a-t-il à gagner ?

Les 3 candidats dont l’application est la plus téléchargée par les utilisateurs seront récompensés…”

Pour conclure, la mécanique est intéressante mais on voit qu’Altran se sert de Facebook comme d’un vecteur viral pour faire connaître sa marque, plutôt que d’incarner ce qu’elle dit être (l’idéateur) qui donne une véritable dimension “utilité sociale” à son concours.

Dommage, parce qu’avec la Fondation Altran, il y aurait certainement eu moyen de trouver des thématiques plus intéressantes que de voir à nouveau créés des super-multi-méga Pokes qui vous transforment en vampire ou en loup garou.

Tags : ,

Twitter pub avec AdSense

Idée à creuser pour tout propriétaire ambitieux d’un compte Twitter :

  • s’abonner au flux RSS d’un compte Twitter (par exemple, celui-ci)
  • générer une page HTML avec le flux RSS concerné
  • afficher des AdSense Google > ils seront nécessairement contextualisés avec le contenu des échanges sur Twitter
  • repiquer le contenu de la première annonce (Description / URL) de l’Adsense
  • Générer un flux RSS avec le début de l’annonce et le lien (doit être inférieur à 140 caractères)
  • Créer un compte Twitterfeed pour réinjecter le début de l’annonce dans Twitter
  • préfixer le message “[ad]” pour éviter toute méprise. Ou pas…
  • Cadencer la publication d’un message par jour max pour éviter de faire fuir ses followers…

Un développeur avec 5 minutes pour qu’on essaye ?

[MAJ]

En fait, pas possible de parser une annonce Google : côté serveur, elle s’affiche comme étant un javascript, et il ne semble pas possible de la récupérer simplement côté client.

Je me mets en recherche d’un système d’affichage de publicités au clic, contextuel (pour matcher avec les twitts que j’échange avec d’autres users) et qui générerait néanmoins un lien en “dur” (pas un javascript). Si quelqu’un a une idée…

[MAJ2]

Pour l’instant, seul Amazon semble proposer un lien en dur (cf ci-dessous). Il suffirait donc de rajouter une couche d’analyse sémantique, de repérer le mot clé le plus cité dans le RSS des tweets, pour passer ce mot-clé en dynamique dans la génération du flux RSS publicitaire.

Autant dire que ce n’est plus vraiment contextuel mais plutôt du pifomètre amélioré…

—————————-

zone de tests


la recommandation de petites phrases

Tags : , ,

Réglage de l’algorithme Google : petit rappel historique

“Don’t be evil”. C’est le principe qui guide l’action du moteur de recherches n°1 dans le monde, Google.

Et pourtant.

En 2003, Google commence a imposer son modèle de liens sponsorisés, Adwords, modèle copié/collé sur le défunt GoTo, (devenu depuis Overture, puis Yahoo Search Marketing). Google devient un moteur très utilisé, et doit développer son business auprès des grands annonceurs, d’une part, et doit aussi convaincre les grands sites médias de faire appel à ses services pour rentabiliser leurs pages de contenu (via AdSense, le modèle d’affichage de liens sponsorisés pour les éditeurs de sites).

A cette époque, les éditeurs sont peu enclins à “partager” avec Google ce qu’ils arrivent à commercialiser en direct ou avec leurs régies, le modèle de commercialisation au CPM.

Mais à cette époque commencent à émerger un noveau type de publication : la publication personnelle sur des carnets, les blogs. [voir à ce sujet l’entrée de Wikipedia].

Pour amener les éditeurs à davantage de “raison” dans les négociations commerciales, Google décide d’utiliser sa véritable force : les résultats de son moteur de recherche. Sur environ 1 an 1/2, Google altère progressivement son algorithme d’indexation afin que celui-ci donne une prime de plus importante aux blogs dans les résultats de recherche.

Le principal item pris en compte semble être la fréquence de publication, identifiée clairement dans tous les posts des blogs. Plus le blog est “rafraîchi”, plus les mots-clés qui le composent sont considérés comme pertinents par Google.

Le résultat se constate sur les pages de résultat. Les internautes voient progressivement apparaître, au côté des sites d’éditeurs traditionnels (sites corporate, sites de marques, sites de médias en ligne), des “petits nouveaux” : les blogueurs, qui squattent des résultats dans les pages les plus importantes de Google, les 2 premières pages de résultats.

Cette stratégie de “concurrence” sur les pages de résultat amène certains éditeurs à davantage de compréhension. En rendant l’achat d’AdWords nécessaires pour pouvoir être visible (comme l’illustre cette publicité putassière de Gala)…

“Don’t be evil”. Mais si modifier les résultats permet de faire un peu de business*…

*et si cela permet en plus de dire que Google résiste à la pression des “gros éditeurs” en mettant en avant des sites indépendants, comme Wikipédia, particulièrement favorisé… alors l’opération est vraiment gagnante !

Tags : , ,

Samsung Solid M110 : comment je suis mort et pourquoi mon téléphone a survécu

On verra ici ou une campagne vidéo où un parachutiste tombe sur une vache, puis se prend une météorite sur le museau, puis une sorte de soucoupe volante, avec des morceaux de post-production et de la connivence pleine d’humour potache (le gars déguisé en vache, trop drôle, le réal au mégaphone, trop drôle).

Les qualités esthétiques de l’ensemble sont laissées à l’appréciation de l’internaute (celui qui apprécie le jaune maronnasse et le bordeaux, en tous cas) ; mais l’argument est la résistance du téléphone figurant dans la poche du parachutiste mort (ou tout comme) suite à sa chute. Le téléphone du gusse n’a pas un pet’ au casque, c’est un téléphone costaud, “robuste“, comme le vend le site (avec force typo “Mash”-like).

samsung.jpgEt même au-delà du robuste, puisque ledit téléphone est certifié “IP54“, “indice de protection défini par la norme française….“. Bref, comme le dit le site, “les produits subissent pour se faire une batterie de tests extrèmes“, réussissant en tous cas l’exploit de se coller une faute d’orthographe et une de grammaire dans la même phrase, et prouvant que la relecture des sites ne fait pas partie de l’indice IP54.

Personnellement, je ne connais pas trop le planning produit de chez Samsung, mais je suppose que ce produit est destiné :
- aux militaires français des forces spéciales en afghanistan,
- aux accidentés de la route
- aux parachutistes (donc)
- aux yamakazis qui sautent des barres d’immeubles.

Moi, sédentaire, 10 ans d’utilisation d’un mobile, je n’ai jamais réussi à en casser un, à en faire asperger un par la pluie, etc. Mais bon, il y a peut-être un public intéressé.

Tags : ,

Pékin’08 : Atos Origin, General Electric, Johnson&Johnson, Samsung…et Laure Manaudou

bandeau.gifOn a récemment appris le départ de Steven Spielberg de l’organisation de la cérémonie d’ouverture des JO, cet été, à Pékin. On voit en France depuis quelques semaines des annonces dans les journaux, passées par Reporters Sans Frontières, annonçant que la Chine est “la plus grande prison du monde pour les journalistes et les internautes“. Amnesty mène une campagne de même nature.

Sport, politique, business

Les chinois ont évidemment demandé à ne pas tout mélanger:

“Sport should not be mixed up with politics, and the Olympics is definitely not a stage for politicians, a member of the International Olympic Committee (IOC) said on Sunday“.

Le CIO, par la voix de son patron, Jacques Rogge, a du coup dû préciser qu’il fallait laisser sa conscience au vestiaire et ne pas faire des JO une plateforme politique :

“The role of the IOC is to organise the Olympic Games. We are not a sports association nor a political organisation and neither an association with humanitarian goals.
“That does not mean that everyone of us within the Olympic movement does not have his own conscience, his own very strong beliefs.”

et d’ajouter dans une autre intervention:

“I’m saying that the Games are a force for the world that will promote the social evolution in China, and the Games are a catalyst for change in China,” […] “But the Games, at the same time, are not the panacea for all the ills of the world.”

Evidemment, loin de Rogge l’idée de mettre la pression sur ses partenaires “business”, les sponsors, pour que ceux-ci, à leur tour, mettent la pression sur la Chine.

Quelques sponsors des JO de Pékin 2008…

Atos Origin est la SSII partnaire olympique de Beijing’08. Sur son site, une section sur la “Sustainability“, dans laquelle l’entreprise indique que sa responsabilité en tant qu’acteur économique est relayée par ses employés, qui s’engagent :

We acknowledge that we have a corporate responsibility and commitment to the communities in the countries where we work and where our clients, partners and suppliers are present. This is not something we teach or demand, it is simply something our people do and want to do.”

Pour résumer, notre bonne conscience, c’est sur le dos de nos employés que nous la créons.

Pour GE, les affirmations d’intervention politique sont plus claires.

“GE participation in global public policy begins locally. In each community where we do business, we strive to engage with local governments, communities and civil society on issues of mutual interest.”

Des exemples en Chine ? Non, au Japon, au Chili, au Qatar… la Chine attendra probablement l’après-J.O.

Johnson&Johnson traite le problème de manière plus subtile : un partenariat avec une association, Right to Play, permet de dire que les enjeux JO sont couverts…sans s’intéresser à la Chine.

Samsung présente un raisonnement purement interne, en s’interdisant de faire travailler des ouvriers sans leur consentement :

“As part of human rights concerns, the in-house regulations strictly stipulate that the Company may not compel employees to perform work against their will by unlawful means, including violence, threat, confinement, or mental and physical restraints”.

Là encore, on ne mentionne pas la Chine.

Laure Manaudou dans tout ça ?

Laure, figure icônique, mannequin pour Lancel, multi-médaillée, est a priori loin de tout ce remue-ménage politique, partant du principe qu’à priori, un athlète ne pense pas, est là pour lancer des javelots, courir comme un dératé ou taper dans une balle jaune.

C’est là que nous formulons un conseil à Laure, pour passer du statut de “star préférée” des français à icône absolue sur le même podium que Zidane et Noah : convoquer une conférence de presse, invoquer des principes moraux (le respect de la liberté d’expression) et annoncer son retrait de la compétition en Chine.

Evidemment, d’un point de vue “carrière”, ce n’est pas l’idéal. Là, on lui conseillera de tenir encore 4 ans de plus jusqu’aux prochains JO, et de continuer à battre des records du monde tous les ans.

Tags : , , , , ,

Continue Next page